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every tear gone with the thought of you × Lishine

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Invité

MessageSujet: every tear gone with the thought of you × Lishine Mer 28 Fév - 14:50

Les heures se succèdent sans qu’Anya ne cesse de jouer. Ses doigts caressent les cordes de son violoncelle et l’archer suit les mouvements précipités de ses mains d’artiste. Elle joue avec une certaine fougue qui a toujours étonné ses professeurs. Elle joue avec une application impressionnante, comme si elle se donne toute son âme entière au son plaintif de son instrument. Elle joue presque avec une frénésie, avec une violence acharnée qui la rend intéressante à regarder. Ses yeux toujours fixés vers ses mains, son visage tendu où la concentration la vieillit au moins d’une dizaine d’année et son corps collé à l’instrument, créent une harmonie sans faille, adaptée à la partition qu’elle présente. Dans cette pièce règne une jeune femme qui a plus de quinze ans d’expérience dans la musique. Pas une fausse note vient troubler la douce musique slave que joue la russe. Maintenant, on peut dire que la violoncelliste est à présent une artiste accomplie. Elle met en musique une célèbre symphonie de Chostakovitch, connue aussi pour être difficile à jouer. Mais rien n’arrête la jeune femme. Au contraire, cette symphonie va l’aider à montrer au monde entier de quoi elle est capable. Les professeurs ne la quittent pas du regard. Ils ne le disent pas à Anya mais ils sont persuadés qu’elle a toutes les qualités requises pour devenir un nouveau Rostropovich.

Après quatre heures de jeu, Anya quitte enfin la salle. Les professeurs sont tous d’origine russe et ils ont conservé cette rigueur de l’enseignement qui les caractérise tant. Ils n’esquissent pas un sourire, pas même un remerciement, juste un lent mouvement de tête qui signifie indirectement qu’ils sont convaincus. La blonde se lève et range son grand violoncelle dans son étui. Elle sait qu’elle a bien joué et pour une fois, elle est plutôt convaincue par sa prestation. Elle quitte la salle en saluant les professeurs, accidentellement dans sa langue natale. Habituellement, elle leur parle en anglais mais les racines, les mots qu’elle connait depuis qu'elle est née et qu’elle garde enfouie en elle depuis quelques temps à présent resurgissent à la surface sans qu’elle ne puisse les contrôler. Les professeurs la regardent d’un air surpris et replongent tout à coup leurs yeux dans leurs notes. Anya sort de la salle sans s’excuser, la boule au ventre. Elle trottine dans le conservatoire et bouscule quelques musiciens. Un artiste qui tient une contrebasse à bout de bras la hèle d’aller se faire voir. Mais elle n’entend pas. Elle ne voit rien. Enfin si, elle voit juste une chose: le banc coloré collé au mur blanchâtre du conservatoire, le lieu de rendez vous avec Liev.

Et dessus, elle le voit. Le type aux cheveux bleus un peu timide. Liev. Arrivé un peu en avance. À moins que ce soit elle qui est en retard. Peu importe. Elle se précipite vers lui avec un sourire collé à ses lèvres. Celle qu’on surnomme Sunshine n’est habituellement pas la fille la plus souriante de la planète. Elle sourit quelquefois quand même mais ses sourires restent faux, des simples étirements des joues qu’elle fait sans exprimer une seule fois la joie qui est censée accompagner ce geste. Mais là, pour celui qu’elle aime, elle sourit sincèrement. La russe dépose presque brutalement son instrument au sol, comme si elle lâche tout le poids qu’elle porte sur ses épaules depuis des années par terre. Elle se baisse, prend les mains froides du garçon et dépose un tendre baiser sur ses lèvres. Elle sait qu’elle s’exhibe un peu devant les autres musiciens, elle qui est si pudique, mais la joie de le voir la pousse à laisser un peu tomber le voile puritain qu’elle porte en circonstance sur son visage.

- Salut toi… Tu voulais me voir ?


Sunshine s’installe près de lui en gardant ses doigts collés aux siens. Liev est sûrement la personne qu’elle aime le plus sur cette planète avec son père. Leur amour est peut être construit sur cette célèbre phrase que tous les amoureux transis répètent: “ce qui se ressemble, s’assemble.” Mais pour la demie déesse, tout est plus compliqué, plus profond que cette phrase qu’elle juge trop débile. Oui, ils se ressemblent, c’est vrai. Quelquefois, elle a comme l’impression de voir dans un miroir un reflet d’elle même, en homme et avec des cheveux bleus. Ils sont tous les deux des pauvres idiots qui ne savent pas s’assumer. Qui ne savent pas accepter qu’ils sont différents. Ce sont des menteurs, mais des menteurs qui ne sont pas nocifs pour les autres. Ils ne sont dangereux que pour eux même. Ils croient que se construire une vie faussement agréable va tout régler mais les fondations ne sont pas solides. Elles risquent de s’écrouler à tout instant et emporter avec elles leurs mensonges, leurs stupidités, leurs insignifiances.

Mais leur relation tient bon. Sûrement parce qu’elle est construite sur les mêmes bases et, en un sens, sont peut être assez solides. En fait, Sunshine essaie de faire comprendre à Liev que cette mascarade a assez duré. Qu’il faut qu’il change. Elle l’aime plus qu’elle même puisqu’elle est assez stupide pour se préoccuper de l’émancipation du fils de Borée plutôt que la sienne. Elle veut voir s’il arrivera un jour à s’en sortir. Ainsi, elle pourra essayer de l’imiter pour se sortir à son tour de cette comédie humaine. La blonde compare parfois leur relation à une balance stabilisée par une égalité des poids. Une relation qui garde l’équilibre parce qu’ils partagent tous les deux un même objectif. Mais si jamais un poids vient à disparaître, tout risquerait de s’écrouler.

Sunshine fixe son compagnon de ses yeux bleus intenses. Il a l’air un peu inquiet, ses yeux sont comme bercés de mélancolie. Si Liev a l’habitude de cacher ses émotions au monde entier,il ne peut pourtant rien cacher à la jeune femme qui détecte le mensonge et la tentative de dissimulation dès qu’elle le parle. Inquiète à son tour, elle pose une main sur sa joue avant de déposer un chaste baiser sur ses lèvres pour l’encourager à parler. Il n’a jamais été le genre de personne qui fait le premier pas.

- Ça va Liev ? J’ai l’impression qu’un truc te tracasse. Tu m’inquiètes là. Parle moi.


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Invité

MessageSujet: Re: every tear gone with the thought of you × Lishine Mar 6 Mar - 2:05

L’hiver n’a jamais été assez froid pour Liev. Depuis tout petit déjà le grand manteau blanc qui recouvrait Anchorage ne lui suffisait pas : il voulait voir les montagnes escarpées, les icebergs, les lacs gelés s’étendant à perte de vue. Il voulait voir l’océan geler et se baigner dedans, pour s’amuser au départ, comme s’il s’agissait d’un jeu. Puis la pensée avait grandi d’année en année, d’hiver en hiver, telle une mauvaise herbe dont on ne parvient pas à se débarrasser. Une fois, sur le chalutier de son père il s’était jeté par-dessus bord pour s’écraser l’épaule contre une immense couche de glace, le bateau se frayant avec peine un chemin à travers la banquise à ce moment-là. Il en avait gardé trois côtes cassées et l’humérus fendu, ainsi qu’une douleur déchirante dans le bras à chaque fois qu’il force un peu trop à la guitare. Cela n’avait pas suffit à ce qu’il retienne la leçon pourtant. L’automne d’après il avait recommencé et cette fois, la fine couche de gel qui recouvrait la mer avait cédé sous son poids lorsqu’il avait sauté par-dessus bord sous les hurlements de son père.

L’eau gelée l’avait transpercée de toute part comme des pics de glace. Malgré les sept couches qu’il portait il avait senti la morsure du froid saisir tout son corps, infiltrer chaque parcelle de sa peau jusqu’à ce que chacun de ses membres endoloris abandonnent, incapable de lutter contre l’eau gelée. Il avait perdu connaissance.

Jusqu’à ce jour, c’était l’expérience où il s’était senti le plus vivant de toute sa vie. Alors que le froid avait ankylosé son corps entier, que l’eau glaciale avait pénétré tous ses poumons, que tous ses organes s’étaient mis en état d’alerte maximale, anticipant son hypothermie et sa mort imminente. C’est en manquant de mourir qu’il s’était senti le plus vivant.

Et puis Sunshine était arrivée et avait tout envoyé en l’air. Avec elle c’était tout le contraire de l’eau gelée. Elle était brûlante comme les rayons du soleil sur la peau en été, toujours chaleureuse avec cet air impénétrable, comme si elle était à la fois ici et ailleurs, inatteignable. Tout le monde semblait tourner autour d’elle tant elle rayonnait. Liev en avait eu le souffle coupé la première fois, comme si toutes les eaux arctiques avaient soudainement rempli à nouveau ses poumons, et il avait dû aller hurler dans une pièce à part pour ne pas devenir fou. C’était comme se faire foudroyer par le soleil lui-même. Il ne s’en était jamais complètement remis.

Aujourd’hui, il allait tout foutre en l’air.

C’était une drôle de pensée à avoir, surtout pour un type comme lui qui semblait en permanence maîtriser la situation. Mais la vérité, c’était qu’il ne maîtrisait plus rien du tout depuis longtemps déjà, et que tout continuait de s’effondrer autour de lui sans qu’il ne parvienne à faire quoique ce soit. Il ne savait pas si ce qu’il allait faire était juste ou pas. La terreur de ces derniers mois l’avait rendu incapable de discerner le bien du mal, le vrai du faux, le juste de l’injuste. Il tâtonnait dans l’obscurité, se heurtant aux parois abruptes de ses cauchemars, sans savoir exactement où il allait, juste l’unique certitude : tout sauf cet état dans lequel il s’était retrouvé coincé dernièrement. Il n’en pouvait plus des nuits sans sommeil, des journées sans intérêt. Il n’en pouvait plus des semaines qui défilaient sans qu’il n’arrive à avoir le moindre contrôle sur sa vie, comme si tout lui échappait, comme si quelqu’un d’autre avait décidé à sa place de ce qu’il allait faire et dire et vivre, tout ça sans lui demander son avis. Il n’en pouvait plus de subir sa propre existence.

Le début de la fin avait commencé il y a quelques jours, après un appel désespéré à Danaé. Pas Sunshine. L’orgueil l’avait empêché de lui envoyer un message, même s’il savait qu’elle aurait compris sa situation. Il ne pouvait juste pas lui montrer cet aspect si pathétique de sa personnalité. Peut-être que Sun était comme lui, camouflée derrière un masque hautain et intouchable, mais au moins ce qu’il y avait derrière était chaleureux et doux, et touchant, et délicat, et d’une bonté infinie. C’était encore mieux, comme un jardin secret que seulement quelques élus avaient le privilège de découvrir. Lui, ce n’était pas ça. Il avait retiré son masque pour découvrir que derrière ne restaient que des débris, de vagues vestiges de ce qu’il a un jour été. C’était pire qu’être quelqu’un de faux, ne pas être du tout.

Mais il avait pris son courage à deux mains, après plusieurs heures de lamentation et verres de whisky. Il avait envoyé un message à Sunshine. Il fallait qu’ils parlent, même s’il n’était toujours pas sûr de ce qu’il allait lui annoncer.

Sous ses mains, le bois du banc commence à se recouvrir d’une couche de gel jusqu’à ce qu’il en aperçoive et les fourre au fin fond des poches de son sweat, là où elles ne pourront faire de mal à personne. Aujourd’hui un peu plus que les autres jours, il peut sentir le vent du Nord lui glacer le visage. C’est drôle New York l’hiver, les grands buildings disparaissant derrière le brouillard épais, les quelques centimètres de neige recouvrant les trottoirs et bloquant toute la circulation. C’est gris aussi, très gris. Le monde a l’air de tourner au ralenti, comme s’il avait oublié comment faire sans la lumière du soleil. Soudainement, c’est son soleil à lui qui apparaît, sortant du conservatoire, le gros étui de son violoncelle dans une main, illuminant toute l’avenue de par son simple sourire. Comme un miroir, Liev sourit en retour et vient entrelacer ses doigts avec les siens alors qu’elle l’embrasse, le goût de son sourire encore présent sur ses lèvres. Pendant un instant, il oublie tous les vertiges des derniers mois.

« Salut toi… Tu voulais me voir ? »

Mais il revient brutalement à la réalité. Sa main toujours dans la sienne, il commence à chercher une façon de présenter les choses mais c’est comme si tous les mots du monde avaient soudainement perdu leur essence. Il ne sait pas par où commencer, par où finir. Il ne sait même plus ce qu’il veut dire. Il a beau tourné et retourné les choses dans son esprit, elles ne font que perdre encore plus leur sens au fur et à mesure qu’il y pense. Il y a tant de choses et rien à la fois. Il voudrait tout lui dire mais également la protéger des recoins de ses pensées, ces petites voix qui lui veulent du mal en permanence, ces mêmes voix qui le poussent à se jeter du haut d’un chalutier dans un océan glacé, ces mêmes voix qui lui répètent en permanence qu’il n’est pas à la hauteur et qu’il ne le sera jamais. Il peut pas lui faire subir ça, non. Sun ne le mérite pas.

Ses yeux bleus déjà froids semblent avoir totalement gelé. Il a le regard lointain Liev, comme s’il avait rejoint l’Alaska enneigée, ou plus loin encore, les eaux glacées qui n’ont jamais réussi à réparer l’esprit cassé de son père. Cela fait bien longtemps que son corps ne parvient plus à contenir son esprit vagabond. Même lorsque ses propres pensées l’emprisonnent il cherche à s’enfuir, fugitif sans cesse traqué par la réalité.

C’est Sun qui le sort de sa torpeur. Elle doit sentir sa détresse, ses grands yeux bleus fixés sur lui, alors elle pose sa main sur sa joue et ses lèvres rejoignent à nouveau les siennes, comme un encouragement.

« Ça va Liev ? J’ai l’impression qu’un truc te tracasse. Tu m’inquiètes là. Parle moi. »

Il cligne plusieurs fois des yeux, comme si revenir de ses songes étaient de plus en plus difficile, de plus en plus pénible, comme s’il y laissait une plus grande partie de lui à chaque fois. Ses lèvres bougent mais n’arrivent toujours pas à articuler un son. Encore une fois il ne sait pas par où commencer. N’arrivant plus à supporter le regard vif de celle qui le connaît peut-être mieux que lui-même, il baisse les yeux, coupable par son silence.

« Je crois que je vais partir Sun. Refaire de la musique. Penser à autre chose. Je peux plus rester à New York. Je peux plus correspondre à ce qu’on attend de moi. » Il ferme les yeux. Il s’attend presque à ce qu’elle le plante là, qu’elle l’abandonne à son misérable sort parce qu’au fond, n’est-ce pas ce qu’il mérite ? Quelques secondes passent et enfin il se risque à rouvrir un œil, découvrant avec surprise qu’elle n’a pas bougé du banc. Elle est toujours là, les boucles blondes encadrant son doux visage, sa peau pâle comme de la porcelaine qui semble presque scintiller dans l’hiver gelé, et son regard ! Son regard qui pétrifie et qui gèle et qui tue et qui soigne et qui a probablement sauvé la vie de Liev plus de fois qu’il ne peut le compter. Il a juste envie de la prendre dans ses bras et de la serrer fort contre elle pour être sûr de ne jamais la perdre. « Je ne me sens plus moi-même. Ça dure depuis un certain temps mais là… Je peux plus continuer comme ça. Je peux plus regarder mon père hanter notre appartement sans pouvoir l’aider. Je peux plus sourire à tout le monde comme si de rien n’était. Je peux plus prétendre que tout va bien. Je suis désolé Sunshine. Je sais pas comment faire autrement. J’ai besoin de prendre la fuite pour me retrouver. »

Délicatement, il prend son visage entre ses mains, posant un doux baiser sur son front avant de plonger son regard dans le sien. Il a trouvé un peu de courage, mais ça ne répare pas le reste. Son cœur s’est brisé cinq fois depuis qu’il s’est assis sur banc. Il a peur de ce que tout cela peut signifier. Pour lui, pour elle, pour eux.
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