Jamais je n'avouerai (Adrian x Icy)
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Jamais je n'avouerai (Adrian x Icy)

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Invité

MessageSujet: Jamais je n'avouerai (Adrian x Icy) Dim 11 Mar - 15:45

J'ai remonté la côte.

Fuyant la Colonie le plus loin possible. Je ne supporte plus cette douce ambiance de bonheur hypocrite. Tout le monde est beau, tout le monde est gentil, ce ne sont que des chimères. La vérité, c'est que ce ne sont que des gosses ignorants qui ne comprennent pas qu'ils sont à côté de la plaque et qu'ils se fourvoient complètement. Je ne me suis jamais battue de toute ma vie, c'est vrai je l'avoue. Mais j'ai assisté à assez de massacres pour savoir ce qui nous attend. Nous sommes faibles et l'ennemi le sait, peut importe l'ardeur que les enfants mettent à s'entraîner, ce ne sont pas des guerriers.

Ils n'ont pas la grâce d'Erika, elle, elle savait se battre et retourner la situation à son avantage, elle avait une rage de vaincre qui surpassait tout, elle n'avait pas de pouvoirs magiques, à part un faible contrôle de l'eau, mais elle avait une aura, presque divine. Les ennemis étaient subjugués par elle. Elle était le combat incarnée, elle était une Valkyrie.

Je ne peux m'empêcher de serrer les poings, j'avais obéi à son dernier souhait: redresser ces foutus gamins pour les aider à aller de l'avant. Elle a pensé que j'étais comme elle, une déesse du combat, je me demande comment. Je n'ai jamais tenu une seule arme dans mes mains, la seule que j'ai, c'est son arc. Quand je me sens fatiguée le soir, je le caresse, je peux presque percevoir son énergie qui circule dans le bois. Un millénaire à se battre, comment pouvais-je l'égaler ? Même si je passais les quatre prochains millénaires à me battre, aurais-je son talent ? Cette force qu'elle a vu en moi, qu'est-ce donc ? Je n'ai fait que fuir toute ma vie, coupant net avec le passé si douloureux.

J'atterris sur le sable des côtes canadiennes, le froid persiste ici. Je me demande si une cure ne serait pas de trop, m'exiler dans le Grand Nord une nouvelle fois. Combien de temps me faudrait-il cette fois ? Au moins cent ans sans le moindre doute. J'ai la sensation que ma fille parcoure toujours le monde, comme si sa volonté n'avait pas encore quitté les mortels. Peut-être reste t-elle pour moi, dans l'espoir que je sorte enfin de ma léthargie ?

Quelqu'un arrive dans mon dos, je me retourne immédiatement, depuis le cas du "perse" je ne supporte plus de savoir que quelqu'un marche dans mon dos. Et, sans que je le veuille, mes cicatrices se ré-ouvrent même si elles sont vieilles, cela reste des cicatrices.

"Bah Mademoiselle, faut pas avoir peur de moi, d'ailleurs vous êtes plutôt jolie ... si vous voyez ce que je veux dire ..."

Il s'approche de moi, il est visiblement aviné et ... en manque, l'alcool lui a donné des ailes et me voit maintenant comme une objet de paradis pouvant combler ses désirs. Je recule, la sueur commence à perler sur mon visage, je commence à paniquer.

"Laissez moi tranquille."

"Allez quoi ! On pourrait s'amuser tous les deux, avoue t'attends que ça, que je m'occupe de toi ..."


Et c'est l'explosion dans ma tête, j'ai l'impression d'avoir de nouveau 16 ans sur cette plage grecque. L'envie de hurler est plus forte et je ne contrôle plus mes pouvoirs, mes mains tremblent et dans mon dos, les vagues s'écrasent gentiment sur la grève comme à l'époque.

Pitié, je ne veux pas revivre ça, n'y a t-il personne pour me sauver ? Pourquoi dois-je revivre le traumatisme de cette journée ? Est-ce impossible de changer le cours des chose ? Je suis sensée supporter ma douleur et la voir se répéter de manière cyclique ?
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Invité

MessageSujet: Re: Jamais je n'avouerai (Adrian x Icy) Dim 11 Mar - 20:48

Jamais je n'avouerai
Acy


~*~

           A peine étais-je revenu du froid de la Russie que le responsable du département de recherches dans lequel je travaillais m'avait demandé de rallier l'épais manteau de neige canadien. Toutefois, l'idée ne m'enchantait guère. Je venais seulement de retrouver ma soeur, mais également certains de mes amis les plus chers, comme Aliénor. Dans un élan d'une extrême bonté, un délai de réflexion d'une semaine m'avait été accordé. Ma décision était prise. Je n'irai pas assister à une conférence en dehors de New-York, et encore moins en dehors des Etats-Unis. Je préférais amplement rester auprès de ma famille et rattraper ces deux années perdues.
           
           Les jours passèrent et alors que je sombrais lentement dans le sommeil, je resongeais à la manière dont j'annoncerai le refus à mon supérieur le lendemain matin. Toutefois, sans que les mots aient le temps de se rassembler en un tout cohérent dans mon esprit, tout mon corps sembla s'éteindre, éreinté par cette semaine particulièrement éprouvante. Bien que mon enveloppe physique se soit arrêtée pour l'espace d'une nuit, mon esprit n'eut pas cette chance de prendre du repos. En effet, il se retrouva comme projeter dans un endroit que je ne connaissais pas. J'essayais de me concentrer pour tenter d'associer ce lieu étrange à un souvenir. Sans succès. Tournant sur moi-même, je ne vis que ténèbres. Privé d'un sens, je ne pouvais que m'en remettre aux quatre autres. Et ce fut l'ouïe qui m'aida. Un bruit à la fois puissant et apaisant m'entourait, comme le roulement des vagues au bord de mer. Je compris alors ce qui était en train de se produire. Un rêve. Non pas un songe dont on ne se souvient pas au réveil, mais bien ce du genre que nous, demi-dieux, étions capables de vivre. Des visions que les dieux ou autres créatures plus antiques étaient capables de nous transmettre. La question restait de savoir qui ou quoi souhaitait établir une telle communication avec moi.
           
           Alors que je m'apprêtais à prendre la parole, une bouffée d'air frais s'engouffra dans mes poumons. L'afflux soudain d'oxygène me fit d'abord fermer les yeux, la tête commençant à tourner doucement. Et lorsque je les rouvris, les ténèbres avaient fait place à un grand espace blanc. De la neige. Et un peu plus loin devant moi je voyais l'océan s'étendre à l'horizon. Il ne me fallut que quelques secondes pour reconnaitre la plage de la brochure de l'hôtel dans lequel j'aurai pu loger si j'avais décidé d'accepter de partir au Canada. C'est alors que je la vis surgir d'entre les eaux. Je n'arrivais plus à détacher mon regard de sa silhouette. Elle était sublime. Bien qu'elle n'en était pas une, elle aurait pu paraître être une déesse. A mes yeux, à cet instant précis, pas même le pouvoir d'envoûtement d'Aphrodite n'aurait pu me détacher de cette vision. Et le songe s'effaça sous la sonnerie de mon réveil.
           
           Quelques heures plus tard, j'entrais en trombe dans le bureau de mon responsable. En m'apercevant, il ne tarda pas à s'exclamer:
           
           « Ah Adrian ! Je suppose que tu viens me confirmer que tu ne pars pas ? »
           
           Après m'être avancé jusqu'à son bureau surlequel je posai le plat des deux mains, plus brutalement que je ne l'aurais souhaité, je répondis à sa question d'une voix pleine d'engouement.
           
           « Je participerai à la conférence. »
           
           
~*~
           
           Cela faisait désormais quelques jours que j'étais installé dans l'hôtel. La conférence n'avait pas encore eu lieu, mais elle n'occupait qu'une faible portion de mes pensées depuis ce matin où j'avais décidé d'y participer. Je ne cessais de me remémorer ce songe qui m'avait été offert, sans en comprendre la teneur. Le message était clair, elle devait être dans les environs. Mais étais-je réellement censé partir pour les côtes canadiennes ? Etais-je réellement supposé la rejoindre ? Ou bien s'agissait-il d'un avertissement ? Souhaitait-on me prévenir qu'il ne fallait pas que je parte ? Après tout, elle était de la Colonie. Et au vu de l'accueil qu'on m'avait réservé là-bas, je ne serais pas surpris que l'on s'en prenne à moi, d'autant plus qu'Hermès ne serait pas là pour m'écouter. Alors que je me promenais tranquillement sur la côte, tentant de réfléchir à ces milles questions qui me taraudaient l'esprit, mon attention fut attirée par des voix non loin de moi.
           
           « Laissez moi tranquille. »
           
           « Allez quoi ! On pourrait s'amuser tous les deux, avoue t'attends que ça, que je m'occupe de toi ... »
           
           Portant les regards en direction de cette pseudo-conversation, il ne me fallut qu'une fraction de seconde pour la reconnaitre. Elle se tenait une bonne dizaine de mètres plus loin. Je ne la voyais que de dos, mais je ne pouvais pas me tromper. Et sa voix. Elle n'avait pas changé depuis deux ans. Et me souvenir de ces détails me surprenait moi-même. Je ne lui avais pourtant parlé qu'une ou deux heures la veille de mon départ pour le vieux continent. Et pourtant, malgré tout, je la reconnaissais. Sans hésiter, je me dirigeais d'un pas pressé, plus rapide que la normale, mais loin d'être à ma vitesse maximale. Je ne connaissais pas le type qui l'importunait. Il valait donc mieux que j'économise mes forces en vue d'un éventuel combat. Intérieurement, j'espérais ne pas devoir l'affronter. Je me souvenais de son aversion pour la violence, et je ne voulais pas qu'elle me voit en train de faire ce à quoi un demi-dieu était malheureusement destiné : se battre. Arrivé à leur hauteur, je posais délicatement la main droite sur l'épaule de cette jolie créature et, plongeant mon regard dans celui de l'agresseur, je pris la parole, d'une voix particulièrement calme et posée.
           
           « Je crois que vous n'avez pas bien compris. Elle vous a demandé de la laisser tranquille. »
           
           « De quoi j'me mêle connard ? »
           
           Et ce qui suivit se passa en un très cours laps de temps. L'individu, qui semblait être particulièrement sous l'influence de l'alcool, tenta de m'asséner un coup de poing en direction de mon visage. Ni une, ni deux, mon instinct de demi-dieu s'activa. J'attrapai son poing avant qu'il ne m'atteigne et lui tordais le bras tandis que mon autre main volait de l'épaule de la demoiselle vers la gorge de l'agresseur, l'empoignant à pleine force. Prendre les gens de vitesse, c'était un de mes meilleurs atouts en combat. M'approchant de son oreille, je lui murmurais doucement, mais d'une voix beaucoup plus gaciale :
           
           « Je répète. Laisse. La. Tranquille. »
           
           Sur ces mots, je le fis basculer au sol, la main toujours agrippée à sa gorge. Si nous avions été seuls, j'aurai probablement user de mes pouvoirs pour lui infliger une blessure qu'il n'aurait pas été prêt d'oublier. Il me fallut une maitrise de moi-même particulièrement importante pour que je parvienne à le lâcher sans le blesser. La rage qui bouillonnait en moi à ce moment n'était survenue qu'une seule fois par le passé. Lorsque Leslie s'était faite blessée par des monstres à l'entrée de la Colonie. Mais au fond de moi, je ne voulais pas décevoir celle que je protégeais. Et je relâchais la gorge de ce piètre individu.
           
           « Dégage. Tout de suite. »
           
           Je le regardais alors s'éloigner, trébuchant tous les deux mètres à cause de l'alcool, probablement, mais peut-être aussi de crainte. L'envie de tirer un rayon de glace juste à côté de lui était forte, mais je sus me retenir. Une fois la menace définitivement écartée, je me retournais vers elle et plongeais mon regard dans le sien, un sourire rassurant aux lèvres.
           
           « Tout va bien Icy ? »

~*~
       
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MessageSujet: Re: Jamais je n'avouerai (Adrian x Icy) Mar 13 Mar - 20:56

Jamais je n'avouerai
Acy

Je ferme les yeux, je ne veux pas revivre ça et pourtant, il semble que je n'ai pas le choix, je peux presque sentir sa main prête à me saisir et me faire subir les pires tourments, je ne veux pas prier, on ne m'a jamais entendu, cela ne changera pas maintenant. Et une main terriblement froide me touche l'épaule.

Froide ?

« Je crois que vous n'avez pas bien compris. Elle vous a demandé de la laisser tranquille. »
         
« De quoi j'me mêle connard ? »


Je recule dans la mer. Avant de ré-ouvrir les yeux, qui est la personne qui est venue à mon secours ? Qui a entendu ma détresse ? Une soeur ? Un frère ? Est-ce qu'enfin on a pitié de moi ? Après pratiquement trois millénaires d'existence misérable ?

Lui.

Je reconnais sa tignasse blonde, comment pourrais-je l'oublier ? Je suis si près de lui que je peux sentir son odeur, une odeur givrée qui me rassure et j'aime tant. J'ai juste envie de me serrer contre lui et de ne plus jamais le lâcher, me plonger dans ses bras et ne plus jamais voir la lumière du jour. Je désire tant l'embrasser de nouveau. Je veux le retrouver, comme à l'époque où il était mien. A l'époque où lui et moi ne formions qu'un. Mais il ne souvient plus de moi désormais. Je ne suis qu'une nymphe comme une autre.

Car si j'étais si exceptionnelle, il ne m'aurait jamais abandonné. Dès qu'il en aura fini avec l'ivrogne, il me quittera de nouveau et il tombera amoureux d'une autre, oubliant toutes les promesses qu'il m'avait faite, après tout, peut-on lui en vouloir ? J'ai beau être resté en vie, j'en ai oublié son propre nom. Mais lui ? Une âme trépassée qui revient d'entre les morts. Pourquoi est-ce qu'il se souviendrait ? Il a été mon fantôme pendant des décennies, maintenant, à mon tour d'être le sien. Je voudrais lui toucher le dos, pouvoir avoir un contact avec sa peau mais je réfrène cette envie.

Il se retourne vers moi, le sourire en coin, je récupère ma main et la serre contre ma poitrine, oui. Il a le même sourire qu'avant, celui qu'il n'avait que pour moi. Mais ce n'est plus le cas désormais.

Ce sourire est pour Aliénor maintenant.

Elle m'en a parlé, elle avait l'air si heureuse, le bonheur irradiant sa beauté, elle m'avait parlé de son sourire, avec tant de précision que j'avais compris. Désormais, je n'étais plus celle dans son coeur, comme une adolescente en peine, je hurlais de douleur. Mais je ne pouvais pas me plaindre, il m'avait aimé autrefois, mais ce n'était plus le cas. Je n'étais qu'une ombre parmi ses souvenirs et on les chasse, les ombres.

« Tout va bien Icy ? »

Pas de Zoé. Je n'étais qu'Icy, la néréide acariâtre et perpétuellement de mauvaise humeur. Comment pouvait-il savoir quel est mon vrai nom ? Ne s'en souvient-il pas ?

Et je retiens un sanglot, bien sûr que non. Comme une idiote, j'espère encore et toujours depuis deux ans que ses souvenirs de son ancienne vie lui reviennent, qu'il me prenne dans ses bras et qu'il me fasse oublier l'agonie de ce monde, qu'il me protège et m'aime comme avant. Mais le « avant » est parti en poussière, plus jamais il y aura de avant. C'est fini.

Et sur ce constat affreux, sur cette attente que j'ai subie pendant si longtemps, m'accrochant à ce vain espoir de le revoir, il me faut faire face à cette réalité si dure et pourtant si présente. Tout ce que pourquoi je suis restée en vie n'existe plus. Broyé par des envies qui surpassent l'entendement, après tout, il avait accompli son serment, il était revenu à moi, il n'a jamais dit qu'il m'aimerait de nouveau. Non, il en a pas eu le temps.

Une colère naît en moi, tournée contre moi-même, d'avoir été si idiote, d'avoir crue comme une bêta qu'il me reviendrait comme une fleur, comme s'il m'appartenait. Parce que je l'ai crue, j'ai cru qu'il était mien et j'étais sienne. Mais alors, pourquoi est-il ici sur cette plage, si près de moi ? Son inconscient l'a rappelé à moi ? Alors qu'il aime désormais une autre ? Un sursaut venu du tréfonds de son âme ? Non, je ne pense pas.

Je relève la tête, cachant ma peine sous mon masque de glace, celui qu'aucune émotions n'arrivent à transpercer. Même si mon oeil brille de le voir si près, si beau et si loin à la fois.

"Je vais bien."

Mon ton est neutre, j'ai enlevé la fêlure sans la moindre hésitation, je souffre depuis si longtemps que c'est une seconde nature que de cacher ma peine, on peut même dire que c'est devenue ma première nature.

"Pourquoi es-tu là ?"


Ne rien laisser paraître, être un mur pour ne plus souffrir, plus jamais je ne veux pleurer pour cet homme, j'ai vidé mes larmes sur son bucher, lorsque l'odeur de sa chair a pénétré mes narines pour ne plus jamais me quitter. Regarder ses os blanchis se transformé en cendre et s'envoler au-delà de ma vue, non, je ne veux plus subir ça.

Je lève la tête, il neige. Je n'ai jamais vu autant de neige de toute ma vie, elle tombe à gros flocon, sans interruption, recouvrant tout sous son manteau, même nous. Tout est toujours plus beau sous la neige.

       
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MessageSujet: Re: Jamais je n'avouerai (Adrian x Icy) Sam 17 Mar - 12:11

Jamais je n'avouerai
Acy

~*~

           « Je vais bien. »
           
           Trois mots. Fermes et brefs. Oui, Icy semblait bien se porter. Bien des choses avaient changé durant mes deux années d'absence. Trop de choses. Heureusement, tout ce que j'avais connu ne s'était pas détérioré. Tout n'avait pas volé en éclats. Ces éléments immuables possédaient ce petit quelque chose de réconfortant. Certes, nous n'avions parlé que le temps d'une soirée en bordure du lac à la Colonie, mais la nymphe qu'était Icy faisait partie intégrante de ces choses qui ne changent pas. Très peu de demi-dieux semblaient l'apprécier. Bien sûr, elle attirait sûrement plus d'un regard avec sa beauté, mais il restait plus simple et plus intéressant d'aborder ses semblables, bien souvent plus enclines et plus ouvertes à la discussion. Sans comprendre pourquoi, la veille de mon départ pour la Russie, j'avais éprouvé l'envie d'aller lui parler, d'ouvrir un dialogue avec elle. Un désir qui tirait plus d'un besoin presque vital, sans que j'en comprenne jamais les raisons.
           
           Je me souvenais lui avoir jeté une pomme. Au départ, je souhaitais simplement la lancer non loin d'elle afin qu'elle roule jusqu'à ses pieds. Habituellement, viser une cible en mouvement à cinquante mètres ne me posait aucun problème. Néanmoins, ce soir là, quelque chose m'avait troublé. Quoi ? Je ne sais pas. Mais je n'avais pas su viser ce point d'herbe situé à moins d'une dizaine de mètres. J'avais même lamentablement raté ma cible, pire qu'un débutant. Et le fruit s'en était allé heurter la tête de la néréide. Sur le coup, elle n'avait pas eut l'air très heureuse. En même temps, qui aurait aimé recevoir un projectile aussi dure qu'une pomme dans la tête ? En dehors de moi, bien sûr. Toutefois, l'objectif principal avait été atteint sur cet incident : ouvrir un dialogue.
           
           Deux ans plus tard, quelques temps après mon retour à New-York, je la vis en rêve, sortant des eaux de l'Atlantique, sur les plages enneigées du Canada. Et en ce moment, elle se tenait debout, face à moi. La voir dans son élément, les vagues venant se glisser autour de ses chevilles comme cherchant à les engloutir, elle ne m'avait jamais semblé aussi impassible et aussi belle. Il émanait d'elle une beauté froide. Calme comme l'océan, mais laissant ressentir la possibilité de la puissance destructrice des mers tempétueuses.
           
           Elle allait bien.
           
           La vérité se trouvait là, devant mes yeux. Jamais elle n'aurait eu besoin de mon intervention. Elle était un être doté de l'immortalité. Elle avait vu bien plus que des générations défiler devant ses yeux. Elle avait assisté à la chute des plus grandes civilisations que ce monde ait connu. A la Colonie, elle était perçue comme une femme forte et indépendante. Elle aurait pu se débarrasser de ce misérable ivrogne d'elle-même. Mais quelque chose m'avait poussé à venir lui prêter main forte. Ce quelque chose était le même qui m'avait amené à lui parler deux années auparavant. C'était également lui qui s'était éveillé suite à mon retour quelques jours plus tôt. Chaque fois qu'il surgissait, tel un prédateur bondissant sur la proie que je représentais, je me sentais amené à Icy.
           
           « Pourquoi es-tu là ? »
           
           Curiosité de sa part ou simplement par politesse ? Les raisons de ma présence n'avaient certainement aucune importance à ses yeux. Je n'étais à ses yeux qu'une simple rencontre, un aléa de sa vie. Je ne représentais qu'une poignée de minutes égarée quelques part dans les millénaires. Pour elle, je ne devais pas être plus qu'un grain de sable de cette plage. Qu'une goutte d'eau perdue dans les flots de l'océan au bord duquel nous nous tenions. Et pourtant, contre toute attente, elle se souvenait de moi. Que je me souvienne d'elle s'avérait quelque peu plus normal. Mais qu'elle ne m'ait pas oublié était un fait bien plus surprenant.
           
           « Je suis rentré à New-York il y a quelques semaines, et je suis venu ici pour le boulot. Et comme je suis né au Canada, j'en profite pour visiter un peu... »
           
           Je ne lui avais pas parlé du rêve dans lequel je l'avais aperçue. Cette information ne lui aurait rien apporté. Au mieux, elle m'aurait pris pour un type lourd qui cherche à la séduire, ou pour un psychopathe qui serait venu pour la traquer. Mais je n'étais ni l'un ni l'autre. Bien qu'intimement convaincu que ce songe me venait d'une entité supérieure, je gardais le silence quant à ce sujet. Moi-même je n'en percevais pas les raisons.
           
           C'est à ce moment que la nature se mit en action. L'épais manteau blanc qui couvrait la plage ne semblant pas être satisfaisant, la neige se mit à tomber doucement. Très vite, Icy et moi-même étions entourés par la valse des flocons. Ces derniers me faisaient penser à de petits êtres magiques que l'on ne rencontre que dans des contes pour enfants. Mais ils ajoutaient un petit air de magie à l'atmosphère.
           
           Je relevais la tête, comme pour voir d'où provenaient ces petits danseurs. Bien entendu, le tremplin duquel ils sautaient se trouvait bien trop en altitude pour que je puisse l'apercevoir. Certains d'entre-eux venaient se poser délicatement sur mes épaules, mes cheveux et mon visage. Lorsqu'ils entraient en contact avec ma la tiédeur de ma peau, je pouvais les sentir fondre lentement, ne laissant place qu'à une petite perle d'eau qui glissait lentement jusqu'à mon cou. Indéniablement, la neige et l'eau n'étaient qu'un. Une même entité partagée entre deux états, passant inlassablement de l'un à l'autre. Cette eau de neige qui roulait délicatement sur ma peau, me faisant penser à une douce caresse, redeviendrait un jour des flocons qui iront démontrer leur talent de valseur à d'autres.
           
           Quittant à contrecoeur cette danse du regard, j'eus le souffle coupé en voyant Icy, debout au milieu de son océan, ses cheveux parsemés de flocons de neige. Autant ils avaient paru nous offrir leur plus belle danse, autant ils avaient l'air de précieux diamants dans les cheveux de la néréide, brillants de milliers d'éclats. Oui, cette vision me troublait, sans que je ne comprenne. Elle dégageait comme une aura envoûtante que n'importe quelle femme ou quelconque divinité lui aurait enviée.
           
           Ce quelque chose qui m'avait amené à rejoindre la nymphe refit surface, me hurlant de l'étreindre. Réprimant son appel, je brisai le silence, d'une voix calme, cachant tant bien que mal le trouble qui me saisissait. Du moins j'espérais parvenir à le cacher...
           
           « Je crois que tu aurais aimé voir celle de la toundra russe... »
           
           
~*~
       
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MessageSujet: Re: Jamais je n'avouerai (Adrian x Icy) Jeu 29 Mar - 18:38

Jamais je n'avouerai
Acy

« Je suis rentré à New-York il y a quelques semaines, et je suis venu ici pour le boulot. Et comme je suis né au Canada, j'en profite pour visiter un peu... »

Je hoche la tête, je ne crois pas aux coïncidences, j'ai arrêté d'y croire il y a longtemps. Sûrement à la même époque où j'ai compris que le monde voulait me briser à chaque fois qu'une étincelle de bonheur flottait autour de moi.  Je porte la poisse. Et quand enfin, je veux retrouver la tranquillité qui fait ma joie dans les contrées du Nord, je me retrouve à supporter la lourdeur d'un poivrot que je n'arrive pas à chasser. Mais c'est lui le hic de l'histoire.

Je n'ai jamais su oublier ses yeux, son sourire. Allez savoir, certaines choses s'accrochent à vous avec une telle ténacité que vous décidez de vivre avec. C'est le problème des immortels, ils accordent de l'importance à des détails infimes qui les rendent fous et ne se tournent pas vers l'avenir, leur passé a toujours été sombre, pourquoi le futur serait-il différent ? Je me le demande. Non, quand on a porté le deuil comme moi, on ne pense plus au bonheur, seulement aux malheurs et aux ennuis. Il n'y a plus rien à espérer de bon, il faut devenir réaliste un jour. Certains le comprennent avec le temps, d'autres avec la douleur. Certains s'acharnent pour trouver la paix mais s'écrasent devant la dure réalité qui ne fait aucuns cadeaux. Je fais partie de ces gens-là.

Ce garçon n'est qu'une blague envoyée par les Moires pour rendre plus folle de chagrin que jamais. Me faire croire que je vais pouvoir l'aimer de nouveau. Que je redevienne enfin une enfant, que j'oublie une existence de souffrance et de doute par des baisers et des promesses échangés. Et quand enfin, au comble de cette joie, quand j'aurais tout oublié de mauvais en ce monde, quand je lui aurais donné tout mon amour, alors là, je subirais le revers de la médaille. Comment ? Il ne mourra pas de nouveau, pas comme ça du moins, ce serait trop copier/coller par rapport à ce qui s'est passé en Thrace. Non, il m'abandonnera sûrement, pour une autre ou une cause, mais le résultat sera le même, je serais seule, tellement seule que je demanderais à Poséidon de me libérer de cette vie et qu'enfin, je retrouve ma seule vraie joie : mes enfants. Je ne rêve que de ça. Les retrouver tous les deux et enfin, pouvoir les serrer dans mes bras, les aimer.

Mais pas pour l'instant, il faut que les Parques endorment ma vigilance, que je devienne de nouveau aussi douce qu'un chaton. Mais je ne laisserais jamais leur plan se réaliser. Je m'y refuse de toute mon âme, plus jamais, je perdrais quelqu'un, Erika était mon dernier deuil. Mais les dieux n'ont que faire de mes supplications. La neige commence à tomber autour de nous, nous enroulant, nous isolant du monde extérieur. Il n'y a plus que nous, le reste a disparu. Et devant moi, il resplendit. L'envie de l'étreindre me saisit, cette envie de l'embrasser, de m'oublier dans ses bras. Je ne veux pas de la chaleur, je veux la froideur de sa peau. Je hais le feu mais je vénère la glace : l'alliage de l'eau et de froid. Notre amour en quelque sorte. Sa personnification. J'ai envie d'y croire de nouveau, il semble avoir la même innocence qu'autrefois mais les visages sont trompeurs.

« Je crois que tu aurais aimé voir celle de la toundra russe... »

"Est-ce plus beau que la campagne scandinave en hiver ?"


Et le visage de ma fille réapparait dans mon esprit. La neige était son élément, quand elle se battait à l’épée dans la poudreuse, on aurait dit une danseuse virevoltant dans l’éther. Elle avait ce don d’être hypnotique. Une lumière si forte qu’elle pouvait effacer les ténèbres de par sa seule présence.
Mais elle n’est plus. Son corps n’est plus qu’un squelette reposant dans un bosquet perdu en Europe, loin de sa terre de naissance. Mon fils n’est même plus poussière. Quand des fouilles ont été entrepris à Herculanum, j’ai espéré retrouver sa dépouille pour qu’enfin, elle aussi ait une sépulture après plusieurs millénaires bloqué dans la roche. Mais il semblerait que le volcan ait tout détruit, ne me laissant que cette image atroce sous les yeux. J’ai vu la mort plusieurs fois sans qu’elle ne m’affecte mais celles de mes enfants est un tison ardent dans mon cœur qui me détruit, me brûle sans état d’âme. Je voudrais trouver la paix mais je ne peux pas, je ne l’aurais jamais.

Il ne me reste que mon cynisme comme arme. Des mots, froid et tranchant, un dernier bouclier contre la barbarie de ce monde. Un rempart contre la souffrance devant son retour. Il est là si près mais pourtant, il est si loin, tellement loin de moi. Après tout, il m’a déjà abandonnée. Pourquoi ne recommencerait-il pas ?

« Pourquoi cette supposition, humain ? »

Un sanglot se bloque dans ma gorge, qu’il m’abandonne, je ne peux plus supporter cette situation, l’envie de sentir son odeur est si forte que mon corps risque d’agir de lui-même, je voudrais pouvoir lui dire à quel point il m’a manqué, que je n’ai vécu que pour son retour, mais à quoi bon ? Je ne suis qu’une nymphe misanthrope et acariâtre qui ne vit que pour pourrir la vie des demi-dieux. Au moins, je n’ai plus à subir leur présence, je préfère la solitude du vent du Nord. Au moins, je n’aurais plus rien à craindre. Ma main se lève mais je ne caresse que le vent, il est trop tard pour le récupérer, trop tard de trois milles ans.

« Tu devrais rentrer à la Colonie, les monstres sont dangereux ici. »

Je me retourne vers la mer pour cacher la larme qui roule sur ma joue avant de s’écraser dans le creux d’une vague, mon masque se fissure devant tant de frustration avant de se reformer, ne laissant aucune trace de mon désarroi alors que ce dernier m'entoure de ses bras brûlants.
     
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Jamais je n'avouerai (Adrian x Icy)

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